Initialement province française à part entière, le Gévaudan fut rattaché au département de la Lozère et au Canton de Saugues en Haute-Loire juste après la révolution. Les habitants étaient nommés les Gabales. La langue régionale était l’Occitan, qui malheureusement se perd de génération en génération. Il existe une trace indélébile de ce « patois » dans le territoire de Saugues grâce aux sobriquets, surnoms attribués à chaque famille. C’est pourquoi aujourd’hui bon nombre de personnes sont bien plus connues par leur sobriquet que par leur vrai nom de famille.

La Bête du Gévaudan

Tout d’abord, ce n’est pas une légende, mais une histoire vraie. En l’espace de trois ans, entre juillet 1764 et juin 1767, dans le Haut-Gévaudan (Saugues, St Alban, Aumont, Le Malzieu, Langogne), mais aussi en Auvergne (Pinols, Ruynes), au moins 100 personnes, uniquement des enfants et des femmes, furent tuées et plus ou moins dévorées par une mystérieuse bête "anthropophage", les registres paroissiaux en témoigne. Des témoignages existent. Comme celui de Jean Portefaix, jeune berger du Villeret de Chanaleilles qui lutta contre la Bête alors qu’il était en train de garder son troupeau avec des camarades.

Une histoire qui devient une véritable affaire d’état. Les Dragons du Roi, les chasseurs expérimentés, l’arquebuse du Roi, personne ne vient à bout de cette étrange Bête.

Le 19 juin 1767, c’est un paysan, Jean Chastel qui viendra à bout de la Bête. Il traverse la moitié de la France pour la présenter au roi, mais son état est telle qu’elle est aussitôt enterrée dans les jardins du château, gardant à jamais son secret. Cette histoire merveilleuse, car elle permet de nourrir tous les fantasmes, mystérieuse, car elle garde toujours son secret, est et reste toujours d’actualité car ce mystère passionne nombre de contemporains et de nombreux médias, même deux siècles après les méfaits.

La légende du bouffadou

Le bouffadou (bofador en occcitan) est un instrument traditionnel pour attiser le feu. C’est un soufflet à bouche, un long tube de bois dans lequel on souffle et qui permet de diriger l’air sur un point précis du foyer.

Le bouffadou est généralement fabriqué avec une crête (partie supérieure du tronc) d’un pin ou d’un sapin, d’une longueur de 70 cm à 1 mètre, à laquelle on enlève les branches en conservant toutefois un morceau de branche vers l’extrémité la plus épaisse qui servira de poignée. On creuse ensuite le bois tout du long, cette opération est facilitée par le fait que la moelle est plus tendre. Le bouffadou peut être laissé brut avec son écorce ou écorcé et poli.

Il est aujourd’hui fabriqué comme objet d’artisanat traditionnel. On lui a même forgé une légende à usage publicitaire qui, elle, n’a rien de traditionnel.

La légende

Bouffanelle était une sorcière, au temps où, dans les grandes forêts du Gévaudan, il nous en restait quelques-unes. Sorcière, et avec une spécialité : le bâton du diable !

Elle avait coupé un jeune bouleau de bois blanc, en avait enlevé l'écorce et l'avait creusé pour en faire un tuyau de bois. Il lui suffisait alors, ams tram gram pic et pic et colégram, de souffler dans le tube et, à l'autre extrémité, apparaissait un diablotin dans sa culotte rouge ; un petit bonhomme rempli de malices et qui, tant que durait le souffle de la sorcière dans le chalumeau, dansait la danse du diable.

Dans les veillées, dans les fêtes votives, dans les kermesses paroissiales, au dessert des repas de noce, avec son bâton du diable, Bouffanelle faisait un tabac. Tant, que cela suscita la convoitise de beaucoup. Certains allèrent dans la forêt, coupèrent de jeunes bouleaux, en fabriquèrent des sarbacanes dans lesquelles ils soufflèrent de tout leurs poumons. Avaient-ils oublié la bonne formule ? N'avaient-ils pas l'âme assez sorcière ? Aucun diable n'apparaissait au bout du tube et les apprentis sorciers en étaient pour leur honte. Cependant, par ce simple bâton creux, la fortune arriva à l’un d’eux : Bouffarel, de la paroisse de Bouffassol. A la veillée, devant le feu de l’âtre, pour la centième fois, Bouffarel soufflait dans son tuyau. Sans résultat. Minuit approchait. Le feu s’était éteint peu à peu ; et, parmi les cendres, quelques braises timides clignaient de l’œil avant de s’endormir. Soufflant toujours, Bouffarel approcha, sans le faire exprès, l’extrémité du tube des braises qui subitement, se réveillèrent. Le souffle de l’homme, par l’intermédiaire du bâton creux, leur avait rendu la vie. Et, sous les yeux étonnés du faux sorcier, un feu tout neuf se mit à danser dans le foyer. Bouffarel venait d’inventer l’appareil à rallumer le feu sans se brûler les moustaches. Né de la sorcière Bouffanelle, mis au point par Bouffarel, on l’appela : le " Bouffadou ".