Le Pôle Laine

Il s’agit d’une démarche collective, qui vise à développer économiquement une filière historique, la filière laine, sur un territoire actuellement en péril,  à (re)créer du lien entre les acteurs et à reconnaître la valeur de leurs activités.

Ce projet s’appuie sur un véritable potentiel territorial pour la structuration d’une filière laine locale : un élevage ovin local actif, la présence sur le territoire du dernier laveur de laine en activité en France, l’entreprise Laurent laine et d’une structure d’insertion par l’activité économique, les Ateliers de la Bruyère qui produit du feutre et des articles en feutre.

Il s’appuie également sur le travail collectif et l’engagement d’acteurs locaux, publics et privés, directement impliqués dans les activités de la filière, ou y voyant, comme la Communauté de Commune du Pays de Saugues et la Commune de Saugues, un point d’ancrage pour la redynamisation économique du territoire, ou, comme les acteurs du tourisme, l’opportunité  de renforcer leurs activités par la mise en place d’une offre d’activités et de séjours autour du thème du mouton et de la laine, devenu porteur d’une identité territoriale.

Made in Gévaudan

Un monde rural chahuté par le redécoupage des administrations territoriales: besoin d’être fort localement par une mutualisation de nos richesses et de nos acteurs économiques pour ne pas être noyé dans un schéma en manque d’identité. Pour cela il faut être plus fort commercialement parlant.

Beaucoup peuvent être tenté de créer leur propre site marchand mais la mutualisation des moyens  permettront de gagner en efficacité. Une nouvelle structure est donc née: l’association Made in Gévaudan,  en charge de la gestion  de cette nouvelle marque créé par la collectivité. La singularité de cette démarche est de mettre sur un même site la vente d’un territoire via la fabrication ou transformation de produits alimentaires, artisanaux  et touristiques. L’association n’a pas vocation à faire des bénéfices mais bien de permettre à ses adhérents de réaliser des ventes supplémentaire tout en mettant en valeur leur travail.

L’agriculture, un maillon fort

Les terrains de montagne qui entourent la Margeride sont très propices à l’élevage des bovins et des ovins.

Au flanc des monts de la Margeride, en plein cœur de l’ancien Gévaudan, depuis plusieurs siècles, la cité de Saugues et son activité agricole ont une solide réputation. De la fin du XIXe jusqu’au milieu du XXe, les terres sont consacrées soit aux labours pour la production de céréales, soit aux pâturages pour l’élevage.

Aussi loin que se porte le regard, il est difficile de ne pas apercevoir à la belle saison un troupeau de brebis pâturant tranquillement sur ce bout de Margeride, véritable fief du mouton et essentiellement de la race dite Blanche du Massif Central. Avec plus de 25 000 brebis, le canton de Saugues est de loin le plus important et représente environ 20% de l’effectif départemental. Les éleveurs sont des moutonniers dans l’âme avec soit des troupeaux spécialisés, soit des troupeaux complémentaires de troupes bovines.

Au niveau des bovins, on trouve surtout des troupeaux laitiers composés des races Montbéliarde et Abondance et les troupeaux allaitant constitués de race pure comme l’Aubrac, la Limousine, la Charolaise et la Salers. Depuis quelques années, les agriculteurs opèrent une diversification de leur activité avec le développement de l’accueil à la ferme, la transformation et la vente directe de produits fermiers.

Qui dit production agricole, dit marché aux bestiaux. Au début du XIXe siècle, Saugues était réputé pour ses marchés aux chevaux, aux cochons, aux bovins et aux agneaux. Jusqu’en 1992, le marché se déroulait en plein air, sur la place publique, mais face à la progression des volumes de transactions, afin de se préserver des aléas climatiques et d’accueillir les éleveurs dans de bonnes conditions, le marché couvert Michel Malige a donc ouvert ses portes en 1992. Aujourd’hui, ce dernier accueille le marché aux veaux, le lundi et le marché aux agneaux, le vendredi, plus deux fois par mois, le marché des vaches de réformes et broutards. Le marché aux ovins est au 4ème rang national, il est une référence pour les négociants qui viennent souvent de loin, et il est une chance pour les éleveurs locaux qui valorisent ainsi le fruit de leur travail.